Les Saxophones d'Octobre

Trinquons l'ami !  (Les Saxophones d'Octobre) posté le samedi 26 mai 2007 14:21

    La silhouette longiligne du jeune homme fatigué bifurqua le long de l'asphalte. Il passa une main dans ses cheveux bruns, gras, ebouriffés. Il ne se souvenait plus vraiment du temps qu'il avait passé à écumer les bars de San Francisco, juste du garçon aux yeux rouges. Ses longs doigts pâles encerclèrent le médaillon diabolique dans un sourire. Oh oui, il en était sûr, ses traits lui étaient trop familier pour qu'il ne l'aie jamais vu. Il enjamba la perron, gravit les trois marches qui le séparait de la porte et sonna. Silence. Un soupir s'échappa de ses lèvres gercées et il se laissa tomber sur le petit escalier.

    Il se souviendrait toute sa vie de cette soirée. La pluie battait son visage, et bien qu'il soit enfermé dans sa chambre, la baie vitrée grande ouverte lui avait permis de ressentir chaque goutte que le ciel avait versé. Il y avait eu ce silence destabilisant et puis... elle. Meendy avait toqué. Il s'était retourné, surpris, ses yeux bleus cernés de fatigue. Elle ne frappait jamais. 

- Entrez !

    La jeune fille entra, plus belle que jamais. La pluie lui allait si bien. Ses cheveux blonds, grisâtres, dégoulinant de la pluie qui retombaient sur ses frêles épaules et puis ses yeux. Oh ! Ses yeux émeraudes, qu'elle avait si longtemps posé sur lui. Elle avait baissé la tête, lui interdisant de voir ses joues rosies par le temps et ses caprices. Son nez de lutin s'animait dans un reniflement peu féminin qui pourtant lui allait bien. Et il s'était approché. Il avait caressé avec toute la tendresse que Dieu avait donné à une mère aimante ses joues mouillée, et il l'avait embrassé avec tout l'amour que les anges avait cedés aux hommes. Et puis... rien. Meendy avait tourné la tête. Il s'était reculé. Silence. La pluie frappait plus fort le parquet de la chambre. Elle avait relevé la tête, le visage fermé.

- Je ne t'aime plus.

    Il l'avait regardé, son regard bleu cherchant la compréhension dans ses paroles. Sa vue s'était fait plus floue et puis son coeur avait cessé de battre, assez de temps pour le faire souffrir tout en le gardant en vie. Oh oui ! Il lui en voulait de l'avoir fait souffrir ! La jeune fille avait tourné les talons, ses converses trempées grinçant sur le carrelage du couloir. Il n'avait rien dit.

- Oh ! AIRY ! Quand est-ce que tu cesseras d'ouvrir ta fenêtre quand il pleut comme ça ! Tu veux nous noyer ?!

- Hmmm...

    Sa mère avait tourné la tête et elle l'avait scruté, lui, plongé dans son oreiller avec cet air pitoyable commun aux chagrins d'amour. Elle non plus, n'avait rien dit. Un regard circulaire, tap tap, elle s'approchait de la porte. La poignée grinça, elle jeta un regard à la volée au jeune homme.

- Tu devrais ranger ta chambre !

    La porte grinça. Il resta, là quelque minutes à observer cette pièce, vide de tout mais tellement remplie de souvenirs. Dans les escaliers il entendait sa mère se plaindre de son comportement de gosse capricieux. Airy observa son reflet dans le miroir et un sourire satisfait étira ses lèvres. Il jeta rapidement la première écharpe qui lui fut tombée sous la main et enfila son imperméable greige, sans un mot. Le jeune homme ouvrit la baie vitrée, et malgré la fatigue qui voilait ses yeux bleus sauta sans mal au balcon inférieur. Il enjamba la barrière de fer forgé d'un bond précis et atterit dans un rire nerveux dans une flaque. La pluie claqua contre son visage et il avança l'esprit brumeux. Il n'avait plus qu'une envie. Avoir une bonne raison pour être dans un tel état comateux. 

    Il se souvenait avoir poussé la porte miteuse du vieil établissement Mounterground sans joie. Ses mains fragiles avaient rencontrées une écharde qui ne s'était pas gênée pour s'incruster dans sa peau porcelaine. Il avait jeté un regard circulaire pour trouvait, au final, une place tranquille au bout de la salle, près de la fenêtre et si près du bar. Le serveur, un bon vieux d'une cinquantaine s'était pointé devant lui, le torse en avant le calpin coincé entre son ventre et son bras. Un sourire édenté s'étira sur ses lèvres, et il regarda son nez rougie par un mauvais rhume remuait un futur eternuement.

- Vous v'lez quoi m'sieur ? demanda-t-il.

    Airy remarqua son accent marseillais. Meendy le faisait bien. Il avait presque changé d'avis mais en fait... non.

- Une vodka et un martini s'il vous plaît.

- Ce s'ra tout ? continua le vieux serveur en inscrivant la commande.

- Non. Ammenez-moi trois packs de bière et... encore une vodka... En fait ! Ammenez une bouteille de vodka et une bouteille de martini !

- Hum... Noté, répliqua l'homme, perplexe.

    Il entrouvrit la bouche, et la referma. Le "non rien" silencieux et ses méandres, songea Airy.

    Quelques minutes plus tard, la table croulait sous les alcools. Oh oui ! Aujourd'hui il avait décidé qu'il ferait un coma éthilique. La sonnette de l'entrée tintat et un jeune homme entra. Les filles de joie se retournèrent pour l'observer, leurs yeux de biche brillant d'émerveillement et même les hommes posèrent leurs verres pour saluer silencieusement l'arrivée du bel inconnu. Lui aussi, scruta la pièce avant de mimer une expression de surprise. Il s'était approché d'Airy à grands pas hésitant, si consciencieux qu'il en était presque tombé. Son regard rouge attira son attention mais Airy n'en fit rien. Des yeux bizarres il en avait vu toute sa vie.

- Je peux m'asseoir ?

    Airy sursauta, cette voix lui rappellait des choses. Oh ! Il aurait tout donné pour être assez sobre et pouvoir disserner dans le brouillard de l'alcool chaque trait du jeune homme.

- Hum... Tu sembles un peu saoûl, murmura le bel inconnu dans un sourire gêné.

    Airy avait relevé la tête pour l'observait. Sa voix douce et sucré lui était trop familière pour qu'il ne se souvienne pas de lui.

- Tu ne te souviens pas de moi ?

- Non... Z'êtes qui ?

- Un passé peu glorieux...

- Les souvenirs parlent ?

- Il faut croire...

- Vous êtes beau !

    Silence. Le jeune inconnu baissa son regard rubis, mal à l'aise et peu habitué aux avances d'un homme... saoûl.

- Tu es complètement défoncé, hein ? marmonna-t-il, le rouge aux joues.

- Complètement !

- Tu veux que je t'offre quelque chose à boire ?

- VOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOODKA !

    Le jeune homme aux yeux rouges esquissa un sourire gêné en sentant le regard des Autres les scrutaient.

- Un chocolat chaud fera l'affaire ^^' 

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Trinquons l'ami !  (Les Saxophones d'Octobre) posté le samedi 26 mai 2007 18:54

    Le serveur s'installa, son plateau sous le bras au vieux bar humide. Son regard fade scrutant les têtes des buveurs de minuit. Marcia s'approcha de lui, son sourire parfait accroché au visage.

- Alors Phred... Il te fait de l'effet le gosse là-bas.

    Elle pointa du menton le jeune brun aux yeux bleus. Il était beau, avait-elle songé. Elle pouffa de rire en le voyant tangué sous l'énorme quantité d'alcool qu'il avait ingurgité.  Phred ne répondit rien et laissa son regard parcourir le corps du jeune homme.

- Oublies-le ! Il est trop jeune pour toi !

    Le verre s'était brisé et Phred s'était précipité pour le ramasser gêné. L'inconnu s'était tourné, ses yeux rouges brillant de surprise. Airy en avait profité. Ce minuscule moment d'innatention, il ne le laisserait pas passer et il écrasa ses lèvres contre celles du jeune homme dans un baiser humide. Un sourire étira sa bouche maligne tandis que l'autre, restait sans bouger. Airy se recula, et replongea dans la méditation de son chocolat chaud. Il n'avait jamais aimé ça, mais il tenait à le boire.  L'inconnu s'était levé précipitement, manquant de tomber. Il avait posé 6$ sur la table et avait marché à reculon sur quelques mètres, ne quittant pas du regard ce qui s'apparentait à un "voleu de baiser".  Le brun se leva maladroitement. La salle était soudainement silencieusement.

- Tu t'aaaaaappelles comment, toi ?! Je te connais !

    Le jeune inconnu glissa la main sur la poignée et le regarda une dernière fois.

- Sil...  commença-t-il.

- Sil ... ?

- ... VAIN ! termina le jeune homme, pris de panique.

- Oh alors non... J'te connais pas. Enfin si. Peut être. Tu t'en...

    Il claqua la porte et s'enfuit dans le silence de la nuit. Phred regarde alternativement Airy, la bouche ouverte, vexé de ne pas avoir terminé sa phrase et la porte avant de poser son regard sur ses yeux rougeâtres. Il s'approcha silencieusement et posa une main amicale sur son épaule. Il n'était pas si vieux le Phred... 30 ans tout au plus, mais Marcia aimait l'embêter. La femme esquissa un sourire moqueur avant de tourné la tête vers l'homme qui se delectait de la vue de son corps depuis plus d'une demie heure. Elle aurait aimé l'envoyer balader, mais le patron n'apprécierait sûrement pas.

    Airy laissa son regard glissait sur la table, en apperçevant l'objets métallique qui pendait désormais à son cou. Il l'avait pris et l'avait noué dans un sourire niais puis il avait tourné la tête vers le serveur. Phred lui avait sourit timidement avant de le ramener au bout de la rue.

    Le jeune homme soupira. Le Mounterground n'avait été qu'un bar parmis tant d'autre. Il enfouit les mains dans ses poches en grelotant quand il sentit le papier froissé d'un dessous de verre. Il le lu à l'abri de la pluie et un sourire étira ses lèvres blafardes. Oh oui, il allait bientôt l'avoir son coma éthilique. 06 98 89 76 09... Phred. 

- Quel prénom bizarre...

    Il se laissa glisser contre le mur en sentant ses jambes se dérobaient, perplexe.

- Silvain...

    Sa main pâle serra un peu plus fort le pendentif. Si fort que les pointes qui ornaient le cercle pénétrèrent sa peau dans un filet de sang vermillon. Ce visage... Ces yeux et cette voix. Oh oui, il le connaissait. Même qu'il s'en souvenait. Mais il le savait, la mémoire ne lui reviendrait que demain, quand il se réveillerait avec un peu de chance, quelque part où il ne fait pas froid. Sa main lâcha le collier, meurtrie et il tomba sans bruit sur le bitûme. La pluie cessa, libérant la lune des nuages grisâtres. Oh oui, il l'avait fait son coma éthilique, et il en était presque fier. 

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Trinquons l'ami !  (Les Saxophones d'Octobre) posté le dimanche 10 juin 2007 13:40

*

        Tangue. Tangue. Tangue.
         Comme la mélodie.
        Tangue. Tangue. Tangue.
         Là, tout près.
         Je tourne. Je tourne.
        Tu tangues. Tu tangues.
        Ma tête s'emballe.
        Tes yeux se révulsent.
        Et je tombe.
        Et tu vascilles.
        Puis le rire hilare,
        De la mort face aux maudits.
        Mourrir avec toi,

        C'était presque drôle, tu sais ?

.

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.

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.

- Jeune homme ! Jeune homme !

    Airy tendit inlassablement la main vers le ciel, l'index pointé vers le soleil. Il s'accrocha à la veste pâle de la vieille et souffla. Fort. Fort. Il voulait encore l'entendre. La jolie voix qui soufflait dans ses oreilles comme une musiques. "Tangue. Tangue. Tangue..." répétait-il avec la langueur d'un mort. Il referma ses yeux dans un dernier effort. Oh oui ! Il voulait connaître la mort avec lui. La voix chaude et sucrée qui soufflait fort fort dans ses oreilles. La vieille main tachée du roux de la vieillesse vint parcourir son front laiteux. Elle était si froide. Et comme pris d'un transe satanique, il ouvrit ses yeux, révulsés par la fatigue, agitant bras et jambes pour se dégager de l'emprise de la femme au regard brun. Partir loin d'elle, pour mourrir avec la voix, en riant à gorge déployée, soufflait la voix sucrée. Airy fut surpris qu'elle parle d'elle à la troisième personne mais ne dit rien.

- Vous êtes tombé dans les pommes suite à un coma éthylique. Vous savez... Ce n'est pas bien de boire comme ça, sermonna-t-elle avec la colère douce d'une mère inquiète.

- Coma éthylique ? marmonna-t-il, sa bouche pateuse et collante comme la vieille fleur fanée par le soleil de cire qu'il avait offert à sa mère il y a longtemps. Si longtemps qu'il ne se souvient plus.

- Vous ne vous souvenez plus ?  C'est un de vos amis qui vous a ammené ici... Il y avait son numéro dans votre poche...

    Et tout en parlant, elle regarda le papier chiffoné posé sur la table de chevet. Airy en tâtat le bois. Il ne se souvenait pas d'avoir eu un ami lors de cette soirée. Ses longs doigts se refermèrent sur la matière sans qu'il ne sache si c'était cela qu'il voulait. Parce qu'en vérité, il ne voulait rien de bien matériel. Mais il lâcha rapidement le papier, en sentant une désagréable sensation glissait le long de sa paume. Comme si des fourmis aux pattes de poignards avaient parcouru sa main fragile. La vieille femme sourit et prit sa main sur ses cuisses qu'il devinait potelettes sous sa veste vert pâle. Elle en caressa les monts et les lignes cachées par le bandage ensanglanté et d'un geste de menton désigna le pendentif qui caressait son torse nu. Les pointes luisaient silencieusement au soleil, et cette lueur rouge qui les éclairait...

- Vous le serriez si fort quand vous êtes venus ici qu'il vous a transpercé la peau...  Un cadeau ?

    Le regard du jeune homme se voila indiscrètement, et il fusilla la vieille comme si la question avait été impersonnelle.

- Vous êtes qui ?

- Oh quelle bourde ! J'ai oublié de me présenter... Je m'appelle Adeline DuMarchal et je suis infirmière dans cet hôpital... Je m'occupe de vous depuis hier soir, expliqua-t-elle en souriant.

- Euh...

- Oui ?

    Il releva la tête, ses yeux turquoises luisant d'une lumière glauque.

- Le garçon qui m'a ammené ici... Est-ce qu'il avait les yeux rouges ?

- Ah ?

    Adeline le regarda, incrédule. Croyait-elle que l'alcool lui avait tourné la tête ?

- Non... Il devait avoir une trentaine d'années, mignon... Enfin, je crois que c'était votre petit ami...

- Mon petit ami ?

    Airy ne pût s'empêcher de rire, d'un rire amer. Ah ! Il l'avait oublié qu'elle l'avait laissé tomber. Qu'elle ne l'aimait et tout ça, il l'avait oublié. Et maintenant, on le croyait gay. La situation était d'un comique.

- Je ne pense pas... Je ne suis avec personne.

- Pourtant il vous regarder avec beaucoup de tendresse...

    Elle se leva sans rien dire, un sourire mystérieux posé sur ses lèvres pâles de vieille qui avait vécu.

- Vous aimez les potins ?

    Adeline ria d'un air franc et referma la porte en lui conseillant de passer la journée à l'hôpital ou au moins la matinée. Et quand elle fût partie il tourna la tête vers la table de chevet, ses yeux translucides collés au papier.  Phred... Le prénom sonnait doux à ses oreilles...

- Phred... Quel nom bizarre !

    Et pourtant, il lui rappellait quelque chose. Avait-il fait quelque chose de mal pendant sa nuit ?

    "Tangue. Tangue. Tangue. [...] Et je tombe. Et tu vascilles. [...] Mourrir avec toi, c'était presque drôle, tu sais ?" Et il chanta des heures et des heures, laissant la voix sucrée entrainait ses pensées au gré de ses souvenirs. La chanson. La si jolie chanson du démon au yeux rouges.

Il y a longtemps.

- Tiens... Airy. Faye, n'est pas là ?

- Non, elle est sortie avec l'autre --'

- L'autre ?

- Le nain !

- Le nain ?

- Le truc qui beugle comme un cochon qu'on égorge !

- Cid ?

- Ouais... C'est comme ça qu'on l'appelle... --'

- Ah... ^^' Je peux rester avec toi ?

- Si tu veux...

-       Tangue. Tangue. Tangue.
        Comme la mélodie.
        Tangue. Tangue. Tangue.
         Là, tout près.
         Je tourne. Je tourne.
        Tu tangues. Tu tangues.
        Ma tête s'emballe.
        Tes yeux se révulsent.
        Et je tombe.
        Et tu vascilles.
        Puis le rire hilare,
        De la mort face aux maudits.
        Mourrir avec toi,
        C'était presque drôle, tu sais ? chantonna le bel inconnu aux yeux rouges.

- C'est joli... marmonna Airy, le regard ailleurs.

- Merci ! =D

- De rien... Parce que sa me coûte de dire ça à un démon... 

Fin.

    Airy tourna la tête vers la fenêtre, ses iris palpitantes et se dilatant au rythme de l'excitation de sa découverte. Faye connaissait le dit Silvain et un certain Cid par la même occasion qui semblait en être plus proche encore. Il tâtat son imperméable, pendu au pied du lit et saisit le portable, tremblant. Adeline ne lui avait-elle pas dit de se reposer et de passer la matinée ici ? Oh non ! Il fallait qu'il trouve Faye pour lui parler de l'inconnu.

    Il tomba sur la messagerie et souffla, sa gorge l'iritant après avoir tant chanté, les hamidales encore gonflées de son escapade alcoolique de la veille:

-  Faye... C'est Airy. Rappelle-moi... J'ai quelque chose de très important à te demander.

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Trinquons l'ami !  (Les Saxophones d'Octobre) posté le jeudi 28 juin 2007 15:45

    Il entra sans saluer. Quel éclat étrange qu'avait ses yeux ! avait pensé la jeune fille. Il lui avait embrassé les joues sans plus de préambules et avait couru se planter au beau milieu du salon, au même endroit où Faye interroger Silk un peu plus tôt. Il lui arrivait d'avoir des réactions surprenantes, des pressentiments soudains, un instinct anormal qui le guidait bizarrement. Airy pivota sur lui-même une bonne dizaine de minutes ainsi, les yeux vaporeux, le teint pâle, les mains glacées. Faye s'était assise et l'avait regardé, silencieuse. Elle avait caressé ses jolis doigts sans un mot quand il l'avait frôlé pour s'installer sur la chaise près de la fenêtre.

- Tu as bu... --'

- Non... Je... N'ai ! PAS BUUUUUUUUUUUUU ! rétorqua Airy en vascillant sur son frêle fauteuil.

- Non, bien sûr que non ;D Si tu parles comme ça avec cet air de pauvre ivrogne qui désaoule tranquillement c'est juste parce que c'est... TEEEENDANCE ! Hein ? ;D

- Je le juuuuuure sur maman !

- Ta mère ?

- Ne parle pas de ma mère, comme ça ! è_é

- Bon, conclut Faye en joignant les mains, que se passe-t-il ?

- Riiiiien !

- Tu mens mal --'

- Je te jure !

- Trèèèèès mal... --'

- J'ai bu hier soir !

    Faye croisa les jambes. Commençait-elle à s'intéresser à son récit ? Airy fixa la porte de la salle de bains, sans un mot. 

- Et ?...  continua Faye.

- Beaucoup bu... Et puis je ne me souviens plus après... L'infirmière a parlé de coma éthylique et de tout ça...

- Ah ?

- Ils m'ont donné des sédatifs là-bas... Parce que quand je me suis réveillé très tôt ce matin, j'étais très agité mais on m'a aidé à sortir plus tôt que prévu !  expliqua Airy en gesticulant sur son siège.

- Ca explique bien des choses --'

- Tooooout va bien !

- Oui tu as tout juste l'air d'avoir fumé un million de joints mais tout va à merveille !

- Il faut que tu m'aides ! 

- T'aider ?

- Hier... J'ai recontré un garçon... Et... Je voudrais le revoir, s'il te plaît...

- Et pourquoi tu me demandes ça à moi ? lança Faye qui commençait enfin à se demander si il allait vraiment bien.

- J'ai vu avant !

- Avant ?

    Faye se leva, l'air sérieux. Elle mordilla son long doigt pâle. Avant... Parlait-il d'avant ça ? Et sans se retourner pour lui faire face lui demanda de continuer, d'un geste de main.

- Il me parlait de toi ! Et d'un autre !

- Hum...

- Toi aussi, tu me prends pour un fou ?

- Non... Mais...

    Elle hésita un instant. Elle lui avait promit de ne jamais rien révéler à Airy. Mais maintenant qu'il était là... Fébril et maladif. Elle regarda ses si beaux yeux turquoises brillaient de la presque lueur de la folie. Devait-elle lui dire pour tout ? Lui raconter ce qui c'était passé. Le jeune homme se leva pour poser sa main sur son épaule mais elle recula d'un pas.

- C'est d'accord ! Alors dis-moi comment il était ce garçon... --' lança-t-elle.

    Un sourire evasif éclaira la pâleur post-mortelle du jeune homme et il pivota sur lui-même en riant.

- Quinze ans ! Plutôt grand ! Et... Trèèèèèès beau ! Avec des yeux rouges !

- Euh... Airy ?

- NON CE N'ETAIT PAS TOI !

- --' Continues...

- Alors donc ! Il était brun ! :D

- Airy... --' Mais qu'est-ce que j'ai fait hier ? Oô

- Je te jure que non ! Ce n'était pas Faye ! Pas Faye ! ><

- Brun comment ? finit-elle par laisser tombé devant son entêtement.

- Comme les corbeaux ! *-* Qu'est-ce qu'il était beau... Et ses lèèèèvres ! Elles étaient douces et chaudes... Sucrées, exquises !

- Oô Tu l'as embrassé !

- Un peu mon n'veu ;D

- --' Airy, Airy...

- FAYE !

- Oui... Oô Calmes-toi --' Son prénom ? 

    Elle l'avait demandé par pur instinct, se doutant bien qu'il devait s'agir de Silk. Mais pourquoi serait-il allé voir Airy ? Et pourquoi ne voudrait-il pas lui avouer ?

- Sil...

- ...k, termina Faye à bout de sa langueur.

- Silk ?

    Elle regarda Airy frissonait de la tête aux pieds. Il se rattrapa sur l'accoudoir sentant une horrible chaîne lui grimpait l'échine. Etait-il tétanisé par un nom qu'il avait oublié ?

- Non... Non... Il s'appellait Silvain...

- Silvain ?

- Silvain !

    La jeune fille ne préféra pas insister en voyant son état maladif et lui proposa de s'asseoir pendant qu'elle réfléchissait.  Elle ouvrit la porte de la salle de bains et une petite fille apparut. Jolie blonde aux yeux clairs, elle avait marché d'un pas léger et timide jusqu'au canapé. Faye l'avait dévisagé.

- J'avais dit d'avoir l'air normal... lui marmonna la jeune fille.

- Bah... Désolé... Mais avoir l'air normal avec des yeux rouges c'est impossible ! On a toujours l'air bizarre avec des yeux rouges ! murmura-t-il en souriant timidement.

    La jeune fille le fusilla du regard. Avait-il oublié son beau regard cerise ?

- Enfin... Chez toi... C'est parfait ! Ca te donne un air sensuel, avait-il enchaîné en réalisant son erreur. 

 

 

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Trinquons l'ami !  (Les Saxophones d'Octobre) posté le vendredi 29 juin 2007 16:13

- Oh... Bonjour petite ! =D

- Bonjour monsieur, murmura l'enfant timide.

    Silk soupira, enivré par ce soudain sentiment. Ce savoir qu'il avait que lui n'avait pas. Il sourit. Airy regarda Faye, balançant ses jambes contre le vieil accoudoir. La jeune fille lui jeta un regard evasif avant de tourner les talons et d'enjamber la première marche de l'escalier. Il se leva d'un bond.

- Attend !

    Sans se tourner, elle répondit d'un geste pensif de la main et il s'appuya contre la rampe de sécurité, tout près d'elle qui semblait si loin de lui.

- Un dernier service...

- Une question ! le coupa-t-elle.

    Airy acquiesca d'un gracile mouvement de tête. Ses longs doigts caressèrent le froid de l'acier du pendentif, et tout en la regardant il observait la perfection linéaire des gravures. 

- Ton collier ?

- Un cadeau !

    La petite fille s'approcha silencieusement. Avait-il trouvé le collier qu'il avait égaré ? Elle se haussa sur la pointe des pieds pour observer l'objet précieux de la discussion mais elle ne vit rien.

- De qui ? demanda la jeune fille, prise d'une certaine curiosité.

    Airy avait reculé d'un pas quand elle s'était approchée pour voir le frêle collier.

- De moi !

    Faye ouvrit grand les yeux, haussa les épaules et bifurqua dans le vieil escalier. Silk attentif se demanda furtivement pourquoi voulait-il lui cacher la vérité. Après tout peut êtrene se souvenait-il plus du comment il se l'était procuré...

- Où tu vas ? Attend ! J'ai un autre service à te demander...

    La jeune fille s'arrêta au beau milieu du couloir. Qu'entendait-il par un autre service ? Elle revint sur ses pas en marche arrière, silencieuse.

- Le garçon qui m'a aidé à sortir de l'hôpital... 

- Un garçon ?

- Pas comme Silvain !

    Silk hoqueta en croisant le regard dénonciateur de la jeune fille. Avait-elle deviné pour lui ?

- Un garçon, donc, continua la jeune fille.

- Oui... Jeune, il avait douze ans et puis... Enfin je lui ai promis de le sortir de là !

- Si il est dans un hôpital c'est pour une bonne raison, alors qu'il y reste !

- Je lui ai parlé de toi et il te connaissait !

- De moi ?

- Oui ! Il a dit qu'il te connaissait d'un... d'un... :/ Yellow, je crois...

- YELLOW ?! avaient hurlé Faye et Silk en choeur.

    Airy s'était tourné vers l'enfant pour la regarder tendrement.

- Tu le connais ? =D

    Faye dévala les escaliers et entraîna son ami à l'écart de la petite fille.

- Yellow ? Tu es sûr ?

- Oui, oui !  affirma Airy.

- Il s'appelle comment ?

- Yeardley =D

- Yeardley ? demanda la jeune fille.

- Tu le connais ?

- Non...

    Elle haussa les épaules et esquissa un sourire maladroit.

- A quelle heure ?

    Airy l'embrassa sur les deux joues et le bout des lèvres en la serrant fort dans ses bras.

- 20h00 ! 

Image: Diane. Je n'ai vraiment rien d'autre à faire --' 

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