Les Violons de l'Automne

L'Automne.  (Les Violons de l'Automne) posté le vendredi 01 décembre 2006 16:59

     Cierge; San Francisco. << Tragique silhouette sous les néons qui grésillaient, sa bouche sèche papillonnait comme un vieux papier dans le vent. Le soleil luisait dramatiquement sur les tables blanches. << Comme toujours la classe est bruyante >> Il haussa les épaules, ses yeux ternes perdus sur le soleil qui se découpait gravement dans l’Automne; et pendant qu’il continuait de dicter machinalement son cours, comme l’aurait fait une intelligence artificielle, sa voix monotone et triste résonnait comme un bruit de fer dans la pièce. >>
 
    L’alarme du four à pain tinta comme un soupir. Assise au bord, Audrey vomissait sa mélancolie lançant ses jambes dans l’espace, la petite pointe de ses bottes luisantes caressant le vent froid de l’Automne. Cierge releva la tête et ferma son cahier. Il sourit et Audrey le regarda, ses grands yeux mornes se plissant à la lumière des néons.

- Qu’est-ce que tu écrivais ?

- Euh… Je… 

- Bof… T’es pas obligé de me le dire, tu sais… De toute façon. Rien ne vaut la peine d’être dit.

    Cierge haussa les épaules.

- Qu’est-ce que t’as, en ce moment ?

- Rien, répondit le jeune garçon en fixant sans conviction la porte qui s’ouvrait et se fermer, la porte qui s’ouvrait et se refermer.

    Audrey rejeta la tête en arrière, dégageant les boucles brunes de son visage blanc aux traits immobiles et silencieux.

- Dis-moi, Cierge…

- Oui ?

- La dernière fois que je t’ai posé cette question et que tu m’as répondu << Rien >>, c’était le jour où ton poisson rouge est mort dans d'horribles souffrances dans le mixeur… --' Alors je pourrais savoir ce qu’il y a.

    Le garçon sourit et plongea son regard dans le vide des boulevards de San Francisco. Des fois…

- Tu connais… Tu connais Lise ?

- Lise ? Le garçon qui s’amuse à se moquer de toi, vingt quatre heures sur vingt quatre, sept jours sur sept, trois cents soi…

- Oui, c’est bon,AUDREY ! --’

- Ouais… Et ben… Qu’est-ce qu’il a, Lise ?

- Rien… C’est juste que… (Il haussa les épaules.) Oublies, en fait.

- De toute manière, demain ce sera mieux…

- Hm ? Pourquoi ?

- T’auras un jour de moins à vivre.

 
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L'Automne.  (Les Violons de l'Automne) posté le vendredi 01 décembre 2006 19:23

 Klams; Cland.

- Ah oui… Les hommes, quelle plaie ! soupira-t-il.

- Mais… Tu ne te rends même pas compte ! Il arrive, frais comme une rose, et il me dit qu’il est amoureux d’un garçon ! expliqua Feets en roulant des yeux.

- Ah oui… Les hommes, quelle plaie ! répéta-t-il.

- Non mais Klams ! Le pire ! Tu sais c’est quoi, le pire ?! Il s’est envoyé en l’air avec mon frère ! Mon frère ! hurla-t-elle en agitant ses mains dans un geste grandiose.

- Ah oui… Les hommes, quelle plaie ! murmura-t-il.

    Self sourit. Ses pas résonnaient tristement dans la plaine. Un vieux roman à la main, qui sentait bon le Temps, il déambulait avec nostalgie. Il passa comme un reflet le long des bancs où Feets parlait tristement à un vieil ami. << Tristement >> Et aujourd’hui, tout était triste. Klams le salua prestement, ourlant d’un regard sans fond ses joues pâles.

- Saluuuuut ! : D

- Adieux… (Il tourna une page du livre.) Bonjour Feets… Comment vas-tu ?

- MAL ! è_é Et toi ?!

- Klams t’embête ?

- OH NON ! Klams est adorable ! : D

- Klams ? Adorable ? (Il soupira.) Tu apprendras, belle enfant, que ce sont deux mots qui ne von guère ensemble.

- Et bien… Darling. Tu seras surpris de savoir qu’il m’arrive, parfois, d’être un parfait gentleman.

- Je t’apprendrai, mon cher ami, que pour être un parfait gentleman. Il aurait d’abord fallu que tu aies le sens de la politesse. Ensuite, il aurait été primordial que tu sois quelqu’un de galant…

- Ec… commença Klams.

- Mais surtout, le coupa Self, il aurait fallu que tu sois un garçon.

    Feets éclata de rire et le jeune garçon dévisagea son semblant d’ami en soupirant. Self se courba gracieusement, son livre reposant délicatement entre ses mains croisées.

- SELF ! cria la jeune fille en l’attirant sur le banc.

- OUI, FEETS ?!

- Pas la peine de crier… --’

- C’est elle qui me dit ça…

- Je voulais savoir ton avis, sur… Certaines choses. Vois-tu… Je vivais une magnifique idylle avec un garçon et ce même garçon. LE MEME ! Est arrivé ce matin pour me dire qu’il vivait de son côté une plus magnifique idylle avec mon PROPRE frère ! Et que de ce fait, il ne voulait plus de notre magnifique idylle parce que ce garçon, ce même garçon que le garçon du début ! Préfère sa nouvelle idylle avec mon PROPRE frère ! Mon unique frère ! Et je voulais savoir… Ce que tu en pensais…

- Euh

- Ah… Les hommes, quelle plaie, susurra Klams en glissant d’un geste las son pied le long de l’herbe.

- Ah ! Toi aussi,tu restes sans voix... Moi aussi, je trouve ça navrant... Tu vois, parce que...

    Self haussa tranquillement les épaules et s’éloigna de son éternel pas blasé, ses yeux roulants aux courbes de la page. Klams sourit en laissant étrangement tombé son regard le long de son dos.

- Ah… Les hommes, quelle plaie, souffla-t-il en se mordant les lèvres.

     Nolan; San Francisco. Il pleut et lui, il vrille, il danse et la main levée vers le ciel, il crie. Perdu dans les rues de San Francisco, les lampadaires semblaient se courber tendrement sur lui, illuminant d’une auréole grésillante son visage pâle et fatigué. Comme un ballon qui se gonfle et se dégonfle, sa poitrine se soulevait à << La mélancolie des lampadaires >> et puis il arrêtait; et puis il repartait, chancelant entre les flaques. Faye soupira et son inlassable pas qui résonne.

- Ah Faye ! : D Tu tombes bien ! Tu m’offres une glace ? s’il te plaît

 

 Wallace & Gromit (:

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L'Automne.  (Les Violons de l'Automne) posté le samedi 02 décembre 2006 14:42

    Yeardley; San Francisco. Annie releva la tête, ses genoux brillants comme deux boules de billard. 

- Je t'interdis de sortir, Yeardley !

- Oui, marmonna-t-il en plissant les yeux.

- Bien. Très bien. Annie ! Je compte sur toi pour le surveiller, lança Auth en ouvrant la porte.

- MAIS ! POURQUOI MOI ?!

- Parce que. 

    Debout, ses longues jambes immobiles, il était comme un courant d'air. Le toit était frais et le Golden Gate brillait comme une gravure dans l'Automne. Yeardley se hissa sur la pointe des pieds, glissant comme une ombre pâle le long des murs et il vit le démon pleurer. << Et ce fut un éclat de rire >> Yeardley n'obéissait jamais à Marianne.

 

     Nathan; Cland.<< Parfois. Quand Thibault marchait dans les rues sales du Bronx, on avait l’impression qu’il naviguait sur une rive que personne ne connaissait. Dans ces moments-là, il me racontait que dans ses yeux les poubelles en flamme étaient comme trois énormes batteries lumineuses qui battaient sur le rythme de son cœur, que le clochard au bout de la rue était le garçon de la liberté qui avait voulu rêvé, que le ciel gris de l’Amérique était la crème chantilly ratée d’une petite attentionnée. Dans le quartier, on disait que Thibault était "autiste", "malade", "fou" même, parfois. Mais en lui parlant, ce jour-là dans ce vieux lavomatique, j’avais commencé à comprendre que Thibault était, en fait, l’une des seules personnes intelligentes de cette planète.

    Et un jour, alors que nous passions devant ce pauvre chien mourrant il avait ajouté sur un ton qu’il n’avait que très rarement.

- Mais dans ma tête Alexis reste toujours Alexis même quand tu me cries dessus parce que j'ai fait une bêtise. Parce que tu es beau. >>

    Nathan oscilla de la tête. Dans le salon, il y avait les informations. << Colin Bouvier >> murmura-t-il en glissant son doigt le long de l’écriture, reformant d’un plaisir malsain les lettres un peu effacées par la vieillesse. Il sourit. << La romance des lavomatiques >> Ca lui changeait des éternels romans noirs de Yeps. Le vieux Monsieur Jack roula paresseusement jusqu’à ses pieds et sur la septième passait un vieux reportage aux grandes allures fantomatiques. Il éclata de rire et chuchota dans la prestance de son silence.

- Maman…

 

Yeps; Cland.

- YEEEEEPS ! Les cookies sont prêts ?! hurla Madame Postits en se relevant sur son siège.

- OUIIII, MAMIE !

- YEEEEEEPS ! Les cookies sont prêts ?!

- OUIIIII, MAMIE !

- YEEEEPS !

- OUI, Mamie ?

- LES COOKIES SONT PRETS ?!

- OUI, ILS SONT PRETS, MAMIE ! è_é

    Elle se tourna vers Self, sage silhouette au creux de la fenêtre et lui sourit un peu. Dans la pénombre des rideaux ses yeux brillaient comme deux petites billes ramassées à l'école. Les plus jolies billes de l'école, songea même Self en la regardant d'un sourire muet.

- Elle a un tout petit peu la mémoire qui flanche. Parfois. Rarement, même (:

- YEEEEPS !

- OUI, MAMIE ! è_é

- ILS SONT PRETS CES COOKIES ?!

- Oui, mamie --'

- Alors, oui... Un tout petit peu, ajouta Self en tirant les rideaux. 

 

 

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