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Tangue. Tangue.
Tangue.
Comme la
mélodie.
Tangue. Tangue. Tangue.
Là, tout
près.
Je tourne. Je
tourne.
Tu tangues. Tu tangues.
Ma tête
s'emballe.
Tes yeux se
révulsent.
Et je tombe.
Et tu vascilles.
Puis le rire hilare,
De la mort face aux
maudits.
Mourrir avec
toi,
C'était presque drôle, tu sais ?
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- Jeune homme ! Jeune homme !
Airy tendit inlassablement la main vers le ciel, l'index pointé vers le soleil. Il s'accrocha à la veste pâle de la vieille et souffla. Fort. Fort. Il voulait encore l'entendre. La jolie voix qui soufflait dans ses oreilles comme une musiques. "Tangue. Tangue. Tangue..." répétait-il avec la langueur d'un mort. Il referma ses yeux dans un dernier effort. Oh oui ! Il voulait connaître la mort avec lui. La voix chaude et sucrée qui soufflait fort fort dans ses oreilles. La vieille main tachée du roux de la vieillesse vint parcourir son front laiteux. Elle était si froide. Et comme pris d'un transe satanique, il ouvrit ses yeux, révulsés par la fatigue, agitant bras et jambes pour se dégager de l'emprise de la femme au regard brun. Partir loin d'elle, pour mourrir avec la voix, en riant à gorge déployée, soufflait la voix sucrée. Airy fut surpris qu'elle parle d'elle à la troisième personne mais ne dit rien.
- Vous êtes tombé dans les pommes suite à un coma éthylique. Vous savez... Ce n'est pas bien de boire comme ça, sermonna-t-elle avec la colère douce d'une mère inquiète.
- Coma éthylique ? marmonna-t-il, sa bouche pateuse et collante comme la vieille fleur fanée par le soleil de cire qu'il avait offert à sa mère il y a longtemps. Si longtemps qu'il ne se souvient plus.
- Vous ne vous souvenez plus ? C'est un de vos amis qui vous a ammené ici... Il y avait son numéro dans votre poche...
Et tout en parlant, elle regarda le papier chiffoné posé sur la table de chevet. Airy en tâtat le bois. Il ne se souvenait pas d'avoir eu un ami lors de cette soirée. Ses longs doigts se refermèrent sur la matière sans qu'il ne sache si c'était cela qu'il voulait. Parce qu'en vérité, il ne voulait rien de bien matériel. Mais il lâcha rapidement le papier, en sentant une désagréable sensation glissait le long de sa paume. Comme si des fourmis aux pattes de poignards avaient parcouru sa main fragile. La vieille femme sourit et prit sa main sur ses cuisses qu'il devinait potelettes sous sa veste vert pâle. Elle en caressa les monts et les lignes cachées par le bandage ensanglanté et d'un geste de menton désigna le pendentif qui caressait son torse nu. Les pointes luisaient silencieusement au soleil, et cette lueur rouge qui les éclairait...
- Vous le serriez si fort quand vous êtes venus ici qu'il vous a transpercé la peau... Un cadeau ?
Le regard du jeune homme se voila indiscrètement, et il fusilla la vieille comme si la question avait été impersonnelle.
- Vous êtes qui ?
- Oh quelle bourde ! J'ai oublié de me présenter... Je m'appelle Adeline DuMarchal et je suis infirmière dans cet hôpital... Je m'occupe de vous depuis hier soir, expliqua-t-elle en souriant.
- Euh...
- Oui ?
Il releva la tête, ses yeux turquoises luisant d'une lumière glauque.
- Le garçon qui m'a ammené ici... Est-ce qu'il avait les yeux rouges ?
- Ah ?
Adeline le regarda, incrédule. Croyait-elle que l'alcool lui avait tourné la tête ?
- Non... Il devait avoir une trentaine d'années, mignon... Enfin, je crois que c'était votre petit ami...
- Mon petit ami ?
Airy ne pût s'empêcher de rire, d'un rire amer. Ah ! Il l'avait oublié qu'elle l'avait laissé tomber. Qu'elle ne l'aimait et tout ça, il l'avait oublié. Et maintenant, on le croyait gay. La situation était d'un comique.
- Je ne pense pas... Je ne suis avec personne.
- Pourtant il vous regarder avec beaucoup de tendresse...
Elle se leva sans rien dire, un sourire mystérieux posé sur ses lèvres pâles de vieille qui avait vécu.
- Vous aimez les potins ?
Adeline ria d'un air franc et referma la porte en lui conseillant de passer la journée à l'hôpital ou au moins la matinée. Et quand elle fût partie il tourna la tête vers la table de chevet, ses yeux translucides collés au papier. Phred... Le prénom sonnait doux à ses oreilles...
- Phred... Quel nom bizarre !
Et pourtant, il lui rappellait quelque chose. Avait-il fait quelque chose de mal pendant sa nuit ?
"Tangue. Tangue. Tangue. [...] Et je tombe. Et tu vascilles. [...] Mourrir avec toi, c'était presque drôle, tu sais ?" Et il chanta des heures et des heures, laissant la voix sucrée entrainait ses pensées au gré de ses souvenirs. La chanson. La si jolie chanson du démon au yeux rouges.
Il y a longtemps.
- Tiens... Airy. Faye, n'est pas là ?
- Non, elle est sortie avec l'autre --'
- L'autre ?
- Le nain !
- Le nain ?
- Le truc qui beugle comme un cochon qu'on égorge !
- Cid ?
- Ouais... C'est comme ça qu'on l'appelle... --'
- Ah... ^^' Je peux rester avec toi ?
- Si tu veux...
- Tangue. Tangue. Tangue.
Comme la
mélodie.
Tangue. Tangue.
Tangue.
Là, tout
près.
Je tourne. Je
tourne.
Tu tangues. Tu
tangues.
Ma tête
s'emballe.
Tes yeux se
révulsent.
Et je tombe.
Et tu vascilles.
Puis le rire
hilare,
De la mort face aux
maudits.
Mourrir avec toi,
C'était presque
drôle, tu sais ? chantonna le bel inconnu aux yeux
rouges.
- C'est joli... marmonna Airy, le regard ailleurs.
- Merci ! =D
- De rien... Parce que sa me coûte de dire ça à un démon...
Fin.
Airy tourna la tête vers la fenêtre, ses iris palpitantes et se dilatant au rythme de l'excitation de sa découverte. Faye connaissait le dit Silvain et un certain Cid par la même occasion qui semblait en être plus proche encore. Il tâtat son imperméable, pendu au pied du lit et saisit le portable, tremblant. Adeline ne lui avait-elle pas dit de se reposer et de passer la matinée ici ? Oh non ! Il fallait qu'il trouve Faye pour lui parler de l'inconnu.
Il tomba sur la messagerie et souffla, sa gorge l'iritant après avoir tant chanté, les hamidales encore gonflées de son escapade alcoolique de la veille:
- Faye... C'est Airy. Rappelle-moi... J'ai quelque chose de très important à te demander.
Soso
mer 27 jun 2007 17:05